« Deux caméras à l'entrée et une sur la caisse » : une demi-journée de pose. Mais tout dépend de ce que filment les caméras, de qui regarde les images et de leur durée de conservation.
Voici les règles à connaître avant de chiffrer, d'après le Code de la sécurité intérieure, le Code du travail et la CNIL. Ce guide ne remplace pas un conseil juridique.
Première question : le lieu filmé est-il ouvert au public ?
- Lieu non ouvert au public (bureaux, entrepôt, réserve, local technique) : d'après la CNIL, « aucune formalité auprès de la CNIL n'est nécessaire ». L'employeur inscrit le dispositif dans son registre des traitements, car les images sont des données personnelles soumises au RGPD.
- Lieu ouvert au public (accueil, surface de vente, caisses, entrée d'un ERP) : on parle de vidéoprotection. L'installation est subordonnée à une autorisation du préfet du département, après avis de la commission départementale de vidéoprotection (article L. 252-1 du Code de la sécurité intérieure).
- Voie publique : réservée aux autorités publiques. Un commerçant peut seulement filmer « les abords immédiats » de ses bâtiments, dans des lieux exposés au vol ou à l'agression, après information du maire et autorisation (article L. 251-2). Et une caméra qui couvre la voie publique ne doit pas filmer l'intérieur des immeubles d'habitation ni, de façon spécifique, leurs entrées (article L. 251-3).
Une même installation peut mélanger les deux régimes.
En entreprise : ce que la caméra peut filmer
Zones autorisées, zones interdites
La fiche CNIL sur la vidéosurveillance au travail est précise :
- caméras possibles aux entrées et sorties des bâtiments, issues de secours et voies de circulation ;
- pas de caméra sur les employés à leur poste de travail, « sauf circonstances particulières » ;
- jamais sur les zones de pause ou de repos, les toilettes, ni les locaux syndicaux ou des représentants du personnel.
Le principe général vient de l'article L. 1121-1 du Code du travail : une restriction aux libertés doit être « justifiée par la nature de la tâche à accomplir » et « proportionnée au but recherché ».
Prévenir les salariés et le CSE
- Les salariés : « aucune information concernant personnellement un salarié ne peut être collectée par un dispositif qui n'a pas été porté préalablement à sa connaissance » (article L. 1222-4 du Code du travail).
- Le CSE, dans les entreprises d'au moins 50 salariés, est « informé et consulté, préalablement à la décision de mise en œuvre », sur les moyens de contrôle de l'activité des salariés (article L. 2312-38).
En commerce : caisses, entrées et abords
La CNIL range parmi les zones ouvertes au public les « espaces d'entrée et de sortie du public, zones marchandes, comptoirs, caisses » : autorisation préfectorale. La réserve et le bureau restent non ouverts au public. Une caisse est aussi un poste de travail : visez la caisse et le client, pas la caissière en continu.
Pour une surveillance « systématique à grande échelle d'une zone accessible au public », la CNIL indique qu'une analyse d'impact (AIPD) est obligatoire.
En copropriété : vote, parties communes, pas les portes
D'après la fiche CNIL dédiée (datée de 2018, signalée par la CNIL comme « en cours de mise à jour ») :
- l'installation doit faire l'objet d'un vote en assemblée générale des copropriétaires ;
- les caméras peuvent filmer les espaces communs : parking, local vélos ou poussettes, hall d'entrée, portes d'ascenseur, cour ;
- elles ne doivent pas filmer les portes des appartements, ni les balcons, terrasses ou fenêtres ;
- seuls le syndic, les membres du conseil syndical, le gestionnaire ou le gardien, par exemple, peuvent visualiser les images ;
- un hall ouvert à tous (sans digicode ni interphone) relève de l'autorisation du préfet.
Durée de conservation : réglez l'enregistreur en jours, pas en To
- Vidéoprotection (lieu ouvert au public) : hors enquête judiciaire, les enregistrements sont détruits dans le délai fixé par l'autorisation, qui « ne peut excéder un mois » (article L. 252-5).
- Au travail, la CNIL écrit : « En principe, cette durée n'excède pas un mois » et « conserver les images quelques jours suffit, sauf circonstances exceptionnelles ».
- Surtout, la durée « ne doit pas être fixée en fonction de la seule capacité technique de stockage de l'enregistreur ».
Concrètement : réglez l'effacement automatique sur le nombre de jours décidé par le client, et notez-le dans le PV de mise en service.
Le panneau d'information
Les personnes filmées sont informées par des panneaux affichés en permanence, de façon visible. D'après la CNIL, le panneau comporte un pictogramme de caméra et au minimum :
- les finalités du dispositif ;
- la durée de conservation des images ;
- le nom ou la qualité et le numéro de téléphone du responsable ou du délégué à la protection des données ;
- l'existence des droits « Informatique et Libertés » ;
- le droit d'introduire une réclamation auprès de la CNIL.
Seules les personnes habilitées visionnent les enregistrements.
Choisir le matériel selon la zone à couvrir
Une fois les zones validées, la caméra se choisit selon l'angle et la distance. Exemples de notre rayon caméras IP, d'après leurs fiches :
- Hall, accueil, entrée large : la caméra panoramique TP-Link VIGI InSight S485PI (réf. INSIGHT-S485PI) : 180° à l'horizontale, 8 MP, infrarouge jusqu'à 20 m, IP67/IK10, PoE 802.3at, ONVIF. Prix public : 299,90 € HT (359,88 € TTC), disponible.
- Parking, accès, façade : la caméra tube CamTrace TN8EW (réf. CCTN8EW03) : 8 Mpx, objectif motorisé 3,6 à 10 mm, IR 65 m, IP67/IK10, PoE. Le zoom cadre l'accès sans déborder sur la voie publique. Prix public : 553,00 € HT (663,60 € TTC), délai à confirmer.
- Site déjà équipé d'une alarme Ajax : le dôme Ajax 5 MP 2,8 mm (réf. 36295) : IR 35 m, IP65/IK08, PoE, compatible avec les centrales Hub, Hub Plus, Hub 2 et Hub Hybrid. Prix public : 179,90 € HT (215,88 € TTC), sur commande.
- L'alimentation : pour plusieurs caméras PoE en baie, le switch Planet WGSW-24040HP4 : 24 ports Gigabit PoE 802.3af/at, 30,8 W maximum par port, budget PoE total de 440 W. Prix public : 507,25 € HT (608,70 € TTC), disponible.
Check-list avant la pose
- Lieu ouvert ou non au public, caméra par caméra.
- Autorisation préfectorale obtenue si une caméra couvre une zone ouverte au public.
- Aucun poste de travail filmé en continu, ni zone de pause, toilettes, local syndical.
- En copropriété : vote d'AG, aucune porte d'appartement, balcon ou fenêtre dans le champ.
- Salariés informés, CSE consulté s'il existe.
- Durée de conservation fixée en jours (un mois au plus) et réglée sur l'enregistreur.
- Panneaux posés aux entrées des zones filmées.
- Accès aux images limité aux personnes habilitées.
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Prix publics relevés le 02/11/2026, susceptibles d'évoluer ; les pros connectés voient leurs conditions. Textes en vigueur au 02/11/2026 ; pas un conseil juridique.
Pour aller plus loin : Comment choisir une caméra IP pour un commerce ?
Sources : Code de la sécurité intérieure, articles L. 251-1, L. 251-2, L. 251-3, L. 252-1 et L. 252-5 ; Code du travail, articles L. 1121-1, L. 1222-4 et L. 2312-38 (Légifrance, versions en vigueur au 02/11/2026) ; CNIL, « La vidéosurveillance – vidéoprotection au travail » et « dans les immeubles d'habitation ». Article rédigé le 2 novembre 2026.